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UNE IMMOLATION DEVANT L’OFFICE DES ETRANGERS - Ce 2 avril 2015
Ce matin également au siège de Fedasil à l’Office des étrangers un homme s’est immolé.
Ce Guinéen de 25 ans avait déposé sa demande en 2008.
Il s’est rendu vers 11h là-bas. Il est allé aux toilettes, s’est aspergé d’essence et est sorti en feu.
Pour l’instant il est encore en vie mais dans un état critique, ses jours sont en danger.

Il y a un an déja, un mort avait été retrouvé à Bruges dans des circonstances louches. Quand aux immolations, cela doit faire au moins la troisième tentative depuis un an.
Voilà a quel point le monde est pourri et tordu.
Voilà comment la bureaucratie a le pouvoir de vie et de mort sur les gens. Voilà comment la Belgique (et tous ses confrères de l’UE) prend à la gorge une bonne centaine de milliers de personnes. Elle les prend à la gorge, les saigne à blanc pour obtenir le moindre euro (215 euros à déposer par demande de régularisation), les presse comme du bétail pour une productivité à meilleur coût (qui croit encore que l’état ne bénéficie pas du travail au noir???), les presse comme des citrons, essore leur tête sur le presse agrume en leur injectant une peur bien profonde et permanente. Quand jour après jour, année après année, chaque seconde qui passe est une crainte de se voir contrôlé, arrêté, enfermé, expulsé, torturé, tué…. Quand chaque seconde raconte tout cela, comment ne pas péter un câble? Et toute cette torture psychologique, toute cette misère, toutes ces pressions que les gens subissent, c’est dans l’attente d’un bout de papier.
Voilà à quel point le monde est pourri et tordu: c’est un simple tampon sur une feuille (accompagné de tout l’appareil représsif qui constitue l’encre de ce tampon) qui va accorder ou non le droit de respirer plutôt que de suffoquer, le droit de vivre plutôt que de survivre.
Et quand on veut prendre une bouffée d’air de soi-même, comme les deux personnes de Vottem qui ont tenté de s’évader cette nuit, alors c’est direction le cachot.
Comment pourrait-on s’étonner que les gens ne craquent pas au milieu de tout ça?
Le temps n’est plus à l’étonnement, il est à la colère.