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Bienvenue sur le site du Collectif de Résistance Aux Centres Pour Etrangers, CRACPE ...

Le centre fermé de Vottem, une prison pour étrangers

Le centre fermé pour étrangers de Vottem est le sixième du genre en Belgique. Il fonctionne depuis le 10 mars 99. C'est une prison où sont détenus des étrangers « simplement » parce qu'ils n'ont pas de « papiers », c'est-à-dire pas ou plus d'autorisation de séjour.  Ils sont enfermés en vue de leur expulsion. La plupart nous disent : nous ne sommes pas des criminels, pourquoi sommes – nous enfermés ? Ils ont demandé l’asile, ou la régularisation lorsqu’ils étaient clandestins et leur demande n’a pas été entendue. Par exemple, 75% des demandes d’asile reçoivent, en Belgique, une réponse négative.

Le centre de Vottem a une capacité de 160 places. Actuellement, une aile est fermée, donc 110 personnes, en moyenne, y sont enfermées; seuls des hommes y sont détenus (les femmes et les familles sont détenues dans les autres centres ou dans des logements spéciaux surveillés pour familles). Leur détention peut durer 5 mois (8 mois lorsque des raisons de « sécurité nationale » peuvent être invoquées) en vue d'organiser leur expulsion. La durée de détention recommence à zéro en cas de refus d'expulsion. 1500 personnes ont été détenues en 2011 dans le centre.

Le régime est très répressif comme dans chaque centre fermé pour étrangers. Par exemple, à Vottem, il y a 12 cachots où peuvent être enfermés les suicidaires, ceux qui, soi-disant, ne respectent pas le règlement ou se rebellent, et, chaque jour, ceux qui doivent être expulsés le lendemain. 4 cachots sont réservés aux malades. La mise en isolement est très fréquente. Un détenu peut aussi être transféré dans un autre centre.

 

Le CRACPE, ses objectifs et son action

Le « Collectif de Résistance Aux Centres Pour Etrangers » est né de la volonté commune de personnes de toutes origines, idées et conceptions philosophiques de se mobiliser pour empêcher l'ouverture du centre fermé pour étrangers de Vottem dès 1997. Les centres fermés et les rapatriements forcés sont la négation des droits humains les plus élémentaires. Ils portent en eux les germes de la violence et de la mort.  Les expulsions ont tué Semira en 1998. Si la mort d'un expulsé reste l'exception, la violence, les blessures, les vies brisées sont le lot quotidien. Chaque semaine, nous recevons des témoignages de violences subies à l’aéroport national et de souffrances suite au rapatriement au pays d’origine ou pays tiers.

C'est pourquoi nous nous battons pour la suppression des centres fermés et l'arrêt total des expulsions, et non pour leur « humanisation ». On ne peut humaniser l'intolérable !

Nous revendiquons une politique d’asile et d’immigration qui respecte les Droits Humains, qui décide d’accueillir  dignement ceux qui ont fui la guerre, les persécutions, la misère.

En plus d'actions de sensibilisation, le CRACPE a organisé plusieurs grandes manifestations régionales et participé avec de nombreuses autres associations à l’organisation de manifestations nationales. Pour les membres du collectif, la résistance aux expulsions, aux centres fermés et à la politique honteuse et sécuritaire des gouvernements successifs passe avant tout par un travail permanent et quotidien, là où l'on vit, travaille, milite, étudie. Nous voulons combiner une action concrète au quotidien, avec une lutte politique globale. Nous sommes conscients que les centres fermés et les expulsions font partie d'une politique globale belge et européenne. Nous n'obtiendrons la suppression des centres fermés et des expulsions qu'en obtenant un changement de la loi et de la politique. D'où la nécessité d'organiser des manifestations, d'interpeller les décideurs politiques, de construire un mouvement de résistance au niveau national et européen, avec en Belgique un maximum d’associations, d’acteurs de la société civile, de citoyens, avec les organisations syndicales...

Chaque année, nous organisons une manifestation autour de la date anniversaire de l’ouverture du centre, en 2014, ce sera le dimanche 16 mars.

Chaque année aussi nous nous rassemblons autour du centre, avec des bougies, le 24 décembre, sur le thème : « Eclairons la face honteuse de la politique d’asile et d’immigration de notre gouvernement, les centres fermés pour étrangers et les expulsions ! ». En même temps,  une délégation entre dans le centre pour remettre une enveloppe-cadeau à chacun permettant d’acheter une recharge téléphonique.

En effet les visites sont soumises à la décision de la direction et ne sont accessibles qu’aux personnes avec papiers ! Le téléphone est donc un outil de communication essentiel pour garder le contact avec le monde extérieur, la famille, les amis ; aussi pour nous prévenir des tentatives d’expulsion afin que nous puissions réagir en soutien. D’où notre action de collecte de fonds pour envoyer régulièrement des cartes ou « recharges » téléphoniques.

Le CRACPE participe par ailleurs à un comité de soutien aux sans papiers à Liège. Il apporte  également une aide à des personnes sorties de Vottem et à des étudiants sans papiers (avec le soutien de diverses associations).

 

Vous pouvez nous rejoindre dans notre action au quotidien !

Notre action au quotidien comporte entre autres: une permanence téléphonique quotidienne ouverte aux détenus, une présence chaque samedi devant le centre de Vottem de 16 à 17H ; l’organisation de parrainages de personnes détenues, l’envoi des cartes téléphoniques, les contacts avec les avocats et asbl qui prennent en charge le suivi des dossiers de candidats réfugiés et sans papiers.

Nous vous proposons de nous rejoindre dans cette lutte :

◊ Vous pouvez nous rejoindre  chaque samedi de 16 à 17 heures devant le centre fermé de Vottem, rue Visé-Voie, 1. Ces mini-manifestations nous permettent d'assurer le contact et la solidarité avec les détenus.

◊ Individuellement, vous pouvez « parrainer» un détenu par des visites régulières, des communications téléphoniques, par échange de courrier.

Vous pouvez nous contacter pour organiser des séances d'information sur la problématique, dans votre école, entreprise, association, etc.

 

Soutenir les finances du CRACPE.

Vous pouvez  nous aider en versant un soutien sur notre compte CRACPE : IBAN BE89 0003 2598 6785 avec la mention « cartes téléphoniques » pour contribuer à  l’achat des cartes téléphoniques que nous envoyons chaque semaine à ceux qui nous le demandent.

Par ailleurs, nous avons un fonds "réseau" destiné à donner un coup de pouce aux personnes libérées de Vottem ou expulsées, ou encore à des aides ponctuelles à des personnes sans papiers en grande difficulté. Vous pouvez contribuer à ce fonds en indiquant « fonds réseau » dans votre communication.

Le fonds réseau permet de tenir le coup quelques jours, le temps de s'organiser, pour ceux qui sont libérés, et se retrouvent sur le trottoir sans rien. Egalement, il permet à un expulsé de bénéficier d'une petite somme, qui peut beaucoup aider dans le pays d'origine, y compris dès l'arrivée. Parfois un peu d'argent permet d'éviter quelques jours de prison !

Nous en profitons pour remercier encore tous ceux qui nous soutiennent déjà, et en particulier le CAL, les Territoires de la Mémoire,  la CSC, la FGTB, SOLIDARIS et les FPS, le CRIPEL, de Liège, qui chacun interviennent sur différents plans pour permettre le fonctionnement quotidien du CRACPE, l'impression du matériel, le soutien aux sans papiers en général et en particulier via le fonds réseau et le fonds pour étudiants sans papiers.